A l’issue d’une quinzaine de jours de négociations, la déclaration finale met de côté les objectifs chiffrés de réduction des GES mais fixe une date butoir pour la signature d’un nouveau protocole à horizon 2009, incluant cette fois les Etats-Unis et les pays émergents.
Le G77 regroupe quelques 150 pays émergents dont la Chine et l'Inde, qui constituent avec les Etats-Unis et la Russie les quatre premiers pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Il était donc indispensable que les Accords de Bali débouchent sur un engagement massif de la part de ces pays. Et c'est chose faite : les Etats-Unis ont ainsi levé in extremis leurs objections à la création d’un « Fonds d’adaptation » pour aider les populations vulnérables à faire face au réchauffement et qui prévoit d’amplifier les transferts de technologies propres des pays développés vers les pays émergents et ce, en échange de leur promesse de participer à l’effort de lutte contre le réchauffement global. Ce fonds sera alimenté par des Mouvements de Développement Propres (MDP), c’est-à-dire des investissements « propres », réalisés dans les pays pauvres par des firmes occidentales permettant ainsi aux industriels de déduire de leurs quotas de CO2 les économies en gaz à effet de serre obtenues à l’étranger. Avec ce principe, ce sont près de 500 millions de dollars qui vont être perçus d’ici 2012. Mais il convient de rappeler que, d’après le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ce ne sont pas moins de 86 milliards de dollars qui seront nécessaires aux pays les plus pauvres pour s’adapter au réchauffement d’ici à 2015.
Par ailleurs, selon les experts du GIEC- Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat -, pour limiter l’augmentation de température moyenne du globe à 2 °C en 2100 (par rapport à l’année de référence 1990), l’humanité devra réduire sa production de GES de 50 à 85 % d’ici à 2050. L’Union européenne s’est déjà engagée à réduire ses émissions de 20 % d’ici à 2020.
Suite aux déclarations du Rapport du GIEC, la Conférence de Bali représentait un espoir considérable pour l'avenir de notre planète. Néanmoins, les conclusions semblent décevantes même si un "cadre de travail, un calendrier et une date butoir" ont été définis selon Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l'ONU sur le climat. Son bilan n’est cependant pas négatif. Pour les Etats les plus vulnérables au réchauffement, Bali a en effet permis de régler une question cruciale, en suspens depuis la ratification du protocole de Kyoto : celle du Fonds d’adaptation au changement climatique.
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